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OBJECTIF: Le sirolimus est un immunosuppresseur qui exerce son activité par une inhibition des lymphocytes T. Utilisé pour prévenir le rejet d'organe chez les receveurs d'allogreffe rénale, le sirolimus ne semble toutefois pas posséder, contrairement au tacrolimus et à la cyclosporine, une activité pour la calcineurine chez les transplantés hépatiques. L'objectif de ce rapport est de rapporter l'évolution des patients greffés hépatiques ayant développé une hépatotoxicité possiblement reliée à l'utilisation du sirolimus.
MÉTHODOLOGIE: Les dossiers médicaux de tous les patients ayant subi une transplantation hépatique suite à une hépatite C et ayant reçu le sirolimus comme immunosuppresseur entre les mois de novembre 2000 et novembre 2003 ont été revus. Les données recueillies lors de cette analyse rétrospective ont inclus notamment les taux sériques de sirolimus, les effets indésirables, les épisodes d'hépatite, et la survie.
RÉSULTATS: Des 210 patients greffés hépatiques ayant reçu le sirolimus durant la période de l'étude, 10 patients ont développé une évidence clinique d'hépatotoxicité. L'indication de débuter le sirolimus chez ces patients était la présence d'une insuffisance rénale secondaire au tacrolimus (n = 6) et l'évidence d'un rejet chronique ne répondant pas aux thérapies immunosuppressives (n = 4). Six de ces 10 patients ont eu des biopsies hépatiques pour confirmer le diagnostic de rejet d'organe alors que 4 ont été diagnostiqués par la présentation clinique uniquement. Les taux moyens de transaminases étaient de 45 IU/L pour l'aspartate-aminotransférase et de 50 IU/L pour l'alanine-aminotransférase et ont augmenté après l'initiation du sirolimus à des valeurs maximales moyennes de 210 IU/L et de 180IU/L, respectivement. L'augmentation de ces taux s'est effectuée sur une période moyenne de 21 jours après le début du sirolimus. Aucun changement de la thérapie antivirale n'a été noté. Les taux sériques combinés du sirolimus et du tacrolimus étaient maintenus à une concentration de 10 ng/mL alors que les concentrations du sirolimus utilisé en monothérapie étaient de 12 ng/mL. La durée moyenne de thérapie avec le sirolimus était de 25 semaines.
CONCLUSIONS: L'hépatotoxicité associée à l'utilisation du sirolimus est une complication importante chez les transplantés hépatiques. La reconnaissance immédiate de cette complication est essentielle pour permettre un diagnostic différentiel et implanter rapidement les mesures thérapeutiques appropriées.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1E165
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