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OBJECTIF: L'occurrence de réactions indésirables médicamenteuses de nature vasculaire cérébrale (RIM-VC), lors d'un traitement par un inhibiteur de la recapture de la sérotonine (ISRS), est rare, mais d'un point de vue biologique, demeure possible en raison des effets antiplaquettaires et vasomoteurs des ISRS. Cependant, 2 études contrôlées n'ont pas réussi à identifier une association entre l'utilisation des ISRS et le risque d'accidents ischémiques ou hémorragiques. On retrouve la déclaration de quelques centaines de cas de RIM-VC dans la banque du programme de suivi des médicaments de l'Organisation mondiale de la santé. Compte tenu de l'utilisation plus importante de cette classe de médicaments en raison d'un plus grand nombre d'indications et d'une prévalence plus élevée de dépression suite à desmaladies vasculaires, la démonstration d'une relation causale est primordiale pour éviter que des RIM-VC soient faussement attribuées aux ISRS.
SOMMAIRE DE CAS: Deux patients chez qui on soupçonnait une possibilité d'accident vasculaire cérébral (AVC) causé par un ISRS ont été référés pour évaluation de la probabilité d'une relation causale. Cette évaluation a été faite en utilisant l'échelle de probabilité de réaction indésirable médicamenteuse de Naranjo ainsi qu'en se basant sur des paramètres cliniques et radiologiques.
RÉSUMÉ: Un homme caucasien de 31 ans, souffrant d'un trouble obsessif compulsif et de dysthymie, a présenté une hémiparésie droite aiguë et de la dysphasie; il recevait, avec succès, depuis plus de 3 ans de la paroxétine à raison de 200 mg par jour. Aucun facteur de risque d'accident vasculaire ou ischémique n'était présent. Après investigation, une thromboembolie au niveau cardiaque, causée par une lésion de la valve mitrale, a été mise en évidence. Après avoir appliqué l'échelle de Naranjo, et en se basant sur le jugement clinique, c'est la lésion de la valve mitrale qui a été identifiée comme étant la cause primaire de cet AVC. Le patient a été référé en cardiologie.
L'autre cas, une femme caucasienne de 46 ans, présentant une longue histoire de dépression, a consulté en raison d'une dépression grave avec idées suicidaires et résistante au traitement. Après 10 semaines de traitement, la patiente a reçu pendant 4 jours l'association suivante: paroxétine 50 mg par jour, carbonate de lithium 600 mg par jour, et trazodone 100 mg par jour. Durant les 7 jours suivants, le lithium a été cessé et le bupropion LA à raison de 150 mg par jour a été ajouté. La patiente a par la suite développé de la confusion mentale, de l'agitation, une hyperactivité autonomique avec rythme cardiaque à 110 battements par minute, une légère augmentation de la tension artérielle de 110/70 à 130/90, de l'hyperréflexie, une instabilité émotive, et une température corporelle élevée à 39.7 °C. Aucun facteur de risque d'accident vasculaire ou ischémique n'était présent. Après investigation, une thromboembolie au niveau carotidien a été mise en évidence. Après avoir appliqué l'échelle de Naranjo, et en se basant sur le jugement clinique, c'est la thromboembolie carotidienne qui a été identifiée comme étant la cause primaire de cet AVC.
En raison d'une relation temporelle, de la publication antérieure de rapports de cas relatant la possibilité de RIM-VC dues aux ISRS et de l'effet pharmacologique de la sérotonine sur la coagulation et sur le système vasculaire, la contribution probable des ISRS aux AVC chez ces patients a été envisagée. Cependant, une évaluation objective de la relation de causalité, faite à l'aide de l'échelle de Naranjo, jumelée aux paramètres cliniques et aux résultats d'examen, a révélé que les AVC observés chez ces patients ne pouvaient pas être considérés comme des réactions indésirables médicamenteuses certaines ou probables causées par les ISRS. La nature de ces AVC ainsi que les données cliniques et radiologiques ne correspondent pas aux mécanismes pathophysiologiques habituels liant les ISRS et les AVC chez les patients en présentant.
CONCLUSIONS: Malgré la présence d'une relation temporelle ou d'une relation doseréponse dans les 2 cas décrits, l'évaluation de la relation de causalité, basée sur le jugement clinique, suggère qu'il est improbable que les ISRS aient causé ces AVCs. Cependant, en raison des effets antiplaquettaires et vasomoteurs des ISRS, les cliniciens doivent être prudents dans l'utilisation de hautes doses d'ISRS chez des patients présentant un risque élevé d'accident vasculaire ou ischémique.
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O. Noskin, E. Jafarimojarrad, R. B. Libman, and J. L. Nelson Diffuse cerebral vasoconstriction (Call-Fleming syndrome) and stroke associated with antidepressants. Neurology, July 11, 2006; 67(1): 159 - 160. [Abstract] [Full Text] [PDF] |
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