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OBJECTIF: Décrire un cas de sudation excessive causée probablement par la prise de paroxétine, revoir la documentation scientifique concernant la sudation liée à la prise d'antidépresseurs et fournir des recommandations pour la conduite à suivre face à cet effet indésirable des médicaments antidépresseurs.
SOMMAIRE DU CAS: Une femme d'origine caucasienne de 59 ans s'est présentée à un pharmacien travaillant dans une clinique où l'on offrait des consultations spécialisées en regard de la pharmacothérapie pour des épisodes de sudation excessive survenant de façon intermittente durant la période d'éveil. La sudation se concentrait surtout dans les régions de la tête et de la face postérieure du cou. Il est à noter que le traitement par la paroxétine a été débuté chez cette patiente au moins 7 mois avant l'apparition des épisodes de sudation excessive suite au décès de son époux. Les autres causes probables d'hypersudation ont été éliminées et, selon le désir de la patiente, la paroxétine a été cessée sur une période de 2 semaines. Les symptômes se sont améliorés graduellement dès la première semaine et sont disparus complètement 5 semaines après l'arrêt de la paroxétine. L'échelle de probabilité de Naranjo indique une relation probable de cause à effet.
DISCUSSION: La sudation excessive a été associée, dans des études contrôlées, à la prise de certains antidépresseurs comme les agents tricycliques, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), et la venlafaxine. Le mécanisme d'action pouvant causer cet effet indésirable des antidépresseurs est encore imprécis, plusieurs hypothèses sont proposées. Pour la plupart des patients, il n'y a pas lieu de modifier le traitement, mais chez quelques patients, les symptômes sont si marqués qu'une intervention est nécessaire: diminution de la dose de l'antidépresseur, substitution de l'antidépresseur, arrêt du traitement ou ajout d'un agent pour contrôler la sudation. Les agents pour lesquels il existe certaines données d'efficacité pour le contrôle de la sudation causée par les antidépresseurs sont la benztropine, un agent anticholinergique, et la cyproheptadine, un antagoniste de l'acétylcholine, de la sérotonine, et de l'histamine.
CONCLUSIONS: Plusieurs agents antidépresseurs sont associés à une incidence élevée de sudation excessive. Les données actuelles sont peu nombreuses et ne permettent pas d'élucider le mécanisme d'action responsable de cet effet indésirable. Les auteurs recommandent une approche spécifique à chaque patient pour le contrôle de la sudation induite par un traitement antidépresseur. En premier lieu, une diminution de la dose ou l'arrêt de la médication peut être envisagé. Pour les patients chez qui cette approche est inappropriée ou inefficace, la substitution d'un autre antidépresseur doit être considérée. Si les épisodes de sudation excessive persistent et en l'absence de contre-indications, l'ajout d'un agent comme la benztropine ou la cyproheptadine peut être envisagé.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1E564
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C. Lowry, S. Lightman, and D. Nutt That warm fuzzy feeling: brain serotonergic neurons and the regulation of emotion J Psychopharmacol, June 1, 2009; 23(4): 392 - 400. [Abstract] [PDF] |
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