|
|
||||||||||
OBJECTIF: Décrire un cas de syndrome neuroleptique malin lié à l'utilisation de fluphénazine chez un patient schizophrénique et revoir la documentation scientifique à ce sujet.
SOMMAIRE DU CAS: Un patient schizophrénique adulte de 21 ans a été transféré à l'unité de soins intensifs par l'équipe d'intervention lors de crise. En plus d'une rigidité musculaire importante et de tremblements, le patient présentait de l'hyperthermie (température orale de 40.6 °C), de la diaphorèse, de la tachycardie (rythme cardiaque 140 battement/min), et de la tachypnée (rythme respiratoire 22/min). Il présentait un lourd passé psychiatrique en raison de sa schizophrénie et de nombreuses hospitalisations antérieures depuis l'âge de 14 ans. Deux jours avant l'admission sur l'unité de soins intensifs, il a reçu une dose intramusculaire de 25 mg de décanoate de fluphénazine, en plus de sa médication psychotrope habituelle renfermant de la thioridazine et de l'halopéridol, en raison de plusieurs menaces verbales et de comportements agressifs envers le personnel du foyer de groupe où il habitait. Les résultats des tests de laboratoire ont montré une élévation de la créatinine phosphokinase, des aminotransférases, de la lactodéhydrogénase, ainsi qu'une élévation de l'azote, des phosphates, et finalement une hypocalcémie et une leucocytose.
DISCUSSION: Les facteurs associés au syndrome neuroleptique malin sont revus dans cet article. Ce syndrome est rare mais consiste en une réaction potentiellement mortelle associée aux médicaments neuroleptiques ou au retrait des médicaments dopaminergiques chez des patients atteints de troubles neurologiques. Il survient chez environ 0.07-2.2% des cas de patients traités avec ces médicaments, et le taux de mortalité est de 10 à 30% chez les patients qui reçoivent les neuroleptiques par la voie orale et de 38% environ lorsque la voie intramusculaire est utilisée. Le syndrome a été rapporté avec toutes les classes de neuroleptiques, peu importe la puissance de l'agent. La cause n'est pas clairement élucidée mais il s'agirait d'un blocage des récepteurs dopaminergiques dans l'hypothalamus. Les facteurs de risque incluent l'histoire d'épisodes antérieurs, la présence de déshydratation, d'agitation, de polypharmacie, la quantité, et la voie d'administration des neuroleptiques.
CONCLUSIONS: Une évaluation objective du lien de causalité a montré que la fluphénazine était la cause probable de ce syndrome chez ce patient. Dans le passé, on n'a observé aucune réaction suite à l'administration de thioridazine ou d'halopéridol chez ce patient. Les médecins cliniciens doivent toujours être vigilants face à cette possible réaction indésirable médicamenteuse et face au risque augmenté avec l'utilisation concomitante de plusieurs agents psychotropes.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1E492
This article has been cited by other articles:
![]() |
B. Norris, V. Angeles, R. Eisenstein, and J P. Seale Neuroleptic Malignant Syndrome with Delayed Onset of Fever Following Risperidone Administration Ann. Pharmacother., December 1, 2006; 40(12): 2260 - 2264. [Abstract] [Full Text] [PDF] |
||||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||