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OBJECTIF: Rapporter un cas d'épistaxis grave ayant nécessité des visites à l'urgence puis l'hospitalisation suite à un traitement de topiramate.
RÉSUMÉ DU CAS: Une femme de 61 ans avec maladie cardiovasculaire a débuté un traitement de topiramate 25 mg par jour pour une neuropathie affectant les membres inférieurs. Aprés 7 jours de traitement, elle présenta une épistaxis grave qui persista pendant 8 jours, ce qui l'amena à consulter à l'urgence. L'épistaxis cessa une semaine aprés l'arrêt du topiramate. Lors d'un second essai de topiramate, la patiente présenta à nouveau une épistaxis rebelle. Deux jours plus tard, elle se présenta à l'urgence avec douleur angineuse significative et fut par la suite hospitalisée où elle reçut 2 culots globulaires. Une semaine aprés l'arrêt du topiramate, l'épistaxis cessa. Aprés 6 mois, elle n'a toujours pas présenté de récidive d'épistaxis. Selon l'algorithme de Naranjo, le lien de causalité entre le topiramate et l'épistaxis est probable (pointage = 6).
DISCUSSION: Le topiramate est un neuromodulateur approuvé pour le traitement de la migraine ainsi que pour les crises épileptiques partielles et tonico-cloniques généralisées. Au cours des 10 derniéres années, son utilisation a été étendue à plusieurs autres conditions neuropathiques. Actuellement, l'épistaxis a été rapportée chez 1-4% des patients ayant reçu le topiramate lors d'études cliniques; toutefois, ces données proviennent d'études réalisées chez des volontaires jeunes. Comme le topiramate, les bloquants des canaux calciques (BCC) modulent les canaux calciques de type L. Ces canaux spécifiques sont situés sur les muscles lisses vasculaires et sur les tissus non contractiles tels que les plaquettes. Compte tenu de leur effets antiplaquettaires potentiels, les BCC ont été associés avec une augmentation des risque d'hémorragie, d'épistaxis, et de prolongation du temps de saignement. La même situation serait s'appliquerait au topiramate.
CONCLUSIONS: Le topiramate, particuliérement lorsqu'il est associé à des traitements antiplaquettaires, peut causer une épistaxis grave. L'épistaxis rebelle devrait être ajoutée à la liste des effets indésirables potentiellement graves à surveiller avec le topiramate.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1H078
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