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CONTEXTE: L'innovation en pharmacothérapie est une pierre angulaire de la pratique clinique. Cependant, en cas d'adoption erratique des nouveaux médicaments, il se pose le problème réel d'un rapport risque-bénéfice douteux pour les patients et d'une augmentation des dépenses de santé. Dans plusieurs pays, les médecins généralistes (MG), et les pharmaciens travaillent étroitement associés pour assurer une utilisation appropriée des nouveaux médicaments en pratique clinique.
OBJECTIF: Estimer les effets des réunions d'audit de la pharmacothérapie (RAP) entre MG et pharmaciens d'officine sur la prescription par les MG de médicaments récemment mis sur le marché.
MÉTHODES: Etude observationnelle de la prescription de nouveaux médicaments sur une cohorte de 103 MG, exerçant dans 59 cabinets, sur la période 1999-2003. Le critère d'évaluation principal était la décision de démarrer un traitement avec un nouveau médicament ou avec un médicament existant plus ancien de la même classe thérapeutique dans les 6 mois après la mise sur le marché. Une modélisation à plusieurs niveaux a été utilisée pour les analyses.
RÉSULTATS: Globalement, dans 6.1% des décisions d'initiation d'un traitement médicamenteux, le choix s'est porté sur le médicament le plus récemment introduit sur le marché. Les MG ayant participé à des RAP de faible qualité ont pris 1861 décisions d'initiation de traitement où 112 fois (6.0%) un nouveau médicament a été préféré à un ancien. Les MG ayant participé à des RAP de bonne qualité ont préféré un nouveau médicament dans seulement 3.4% des 3138 décisions prises. Par comparaison aux MG ayant participé à des RAP du plus haut niveau de qualité (niveau 4), les MG ayant assisté à des RAP de niveau 1 ou 2 étaient plus de 2 fois plus susceptibles d'initier un traitement avec de nouveaux médicaments qu'avec des médicaments plus anciens (OR = 2.24; IC 95% 1.04 à 4.81 et OR = 2.31; IC 95% 1.30 à 4.09, respectivement).
CONCLUSIONS: Les RAP sont susceptibles d'être un moyen efficace de maîtriser la prescription de nouveaux médicaments en pratique clinique. Pour que ces RAP soient efficaces, il est indispensable que les MG et les pharmaciens définissent ensemble des objectifs communs sur la manière d'optimiser la pharmacothérapie. Cette concordance devrait apparaître dans les RAP d'où sont issues des décisions concrètes avec évaluation des attitudes de prescription des MG. Les pharmaciens devraient prendre une part active dans l'organisation des RAP pour étendre leur influence sur la prescription médicamenteuse.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1H250
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