|
|
|
||||||||||
OBJECTIF: Évaluer les évidences reliées à l'utilisation du topiramate dans le traitement de la dépendance à l'alcool.
SOURCES DES DONNÉES: Des recherches des bases de données MEDLINE (1966–juin 2008) et Cochrane (2008, numéro 1) ont été effectuées. Les mots clés utilisés pour la recherche étaient alcohol dependence et topiramate. Les bibliographies des articles retenus ont aussi été consultées pour identifier des sources de données additionnelles.
SÉLECTION DES ÉTUDES ET EXTRACTION DES DONNÉES: Les études, publiées en anglais, randomisées contrôlées et évaluant le topiramate pour traiter la dépendance à l'alcool chez l'humain, ont été retenues pour évaluation. Trois études randomisées contrôlées ainsi que 2 analyses secondaires de ces études ont été retenues pour évaluation. Les données reliées à l'efficacité et l'innocuité ont été extraites de ces études.
SYNTHÈSE DES DONNÉES: Des évidences suggèrent que le topiramate exerce un effet antagoniste au niveau des récepteurs excitateurs du glutamate, inhibe la libération de dopamine et augmente les effets inhibiteurs de l'acide gamma-amino-butyrique. Ces effets pourraient être utiles pour le traitement de la dépendance à l'alcool. Des études contrôlées ont décrit l'utilisation du topiramate (titré jusqu'à 300 mg/jour) pour diminuer les comportements de dépendance à l'alcool et ont rapporté une diminution de la consommation d'alcool ainsi qu'une amélioration de la qualité de vie (QOL). Les effets indésirables associés au topiramate incluaient des sensations cutanées anormales, des étourdissements, une altération du goût, de l'anorexie, du prurit, ainsi que des troubles de concentration, et de mémoire. Dans 3 des 4 études ces effets indésirables n'ont pas été associés avec une augmentation du taux d'abandon de l'étude. Toutefois, une augmentation du taux d'abandon a été observée dans une étude où le topiramate était titré rapidement sur une courte période. Une augmentation du risque suicidaire associée au topiramate, principalement chez les patients épileptiques, a été rapportée récemment. Aucun cas de suicide n'a été observé dans les études du topiramate pour diminuer la dépendance à l'alcool.
CONCLUSIONS: Les résultats des études publiées sont prometteurs. Ces études ont montré l'efficacité du topiramate pour diminuer la consommation d'alcool et améliorer la qualité de vie ainsi que la sécurité de cet anticonvulsivant. Des études de plus grande taille et à plus long terme sont toutefois nécessaires pour définir le type de patient pouvant bénéficier du topiramate ainsi que préciser les doses optimales, la durée de traitement et la tolérabilité du topiramate pour le traitement de la dépendance à l'alcool. Dans l'état actuel des connaissances, les données sont insuffisantes pour supporter l'utilisation du topiramate en association avec un counselling hebdomadaire comme première ligne de traitement de la dépendance à l'alcool.
Traduit par Marie-Claude Vanier
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1L157
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||