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HISTORIQUE: Les études montrent que jusqu'à 38 % des patients qui ont débuté un traitement par des antidépresseurs ne font remplir que la prescription initiale à la pharmacie, n'acceptant apparemment pas ce traitement.
OBJECTIF: Préciser les caractéristiques et les raisons associées au refus d'un traitement par les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).
MÉTHODOLOGIE: Une étude à l'aide d'un questionnaire rétrospectif a été faite dans 38 pharmacies communautaires aux Pays-Bas. Les patients se présentant dans une de ces pharmacies communautaires avec une prescription d'un ISRS émise par un médecin omnipraticien, et pour un traitement initial, ont été sélectionnés. Les patients qui n'ont fait remplir que la prescription initiale de l'ISRS ont été définis comme refusant le traitement; les patients qui ont fait remplir au moins 3 fois leur prescription ont été définis comme acceptant le traitement. Les caractéristiques étudiées étaient les données socio-démographiques, la maladie, et les particularités du traitement. On a aussi demandé aux patients refusant le traitement les raisons qui ont fait qu'ils n'ont pas renouvelé leur prescription initiale.
RÉSULTATS: De tous les patients qui ont débuté un traitement antidépresseur par les ISRS, 22% ont refusé le traitement, ne faisant remplir que la prescription initiale. Pour l'analyse des résultats, 57 patients définis comme ayant refusé le traitement ont été inclus et 128 patients l'acceptant. Les patients qui refusaient le traitement étaient plus fréquents dans le groupe des patients ayant un plus faible niveau d'éducation (rapport de cote, RC 2.6; IC 1.1-5.9) ainsi que chez les patients qui présentaient des symptômes non spécifiques de la dépression (fatigue, stress et agitation), symptômes ayant justifié l'utilisation d'un ISRS (RC 2.7; IC 1.4-5.5). De tous les patients refusant le traitement, 29.8% (n = 17) n'ont même pas débuté le traitement, alors que 70.2% (n = 40) ont cessé l'utilisation de l'ISRS dans les 2 premières semaines de traitement. La crainte des effets indésirables ainsi que la présence de ces effets sont les raisons principales pour le refus du traitement par les ISRS. De plus, 55.0% des patients refusant le traitement l'ont fait sans en informer leur médecin.
CONCLUSIONS: L'acceptation du traitement pat un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine est un moment décisif en regard de l'adhérence au traitement antidépresseur initié par un médecin omnipraticien et requière plus d'attention. Les omnipraticiens et les pharmaciens devraient s'intéresser à cet aspect du traitement, surtout parmi les groupes plus à risque de non-adhérence.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1K516
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