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OBJECTIF: Décrire le cas d'une patiente chez laquelle une interaction venlafaxine-propafénone a provoqué des hallucinations et une agitation psychomotrice.
SOMMAIRE DU CAS: Une femme de 85 ans a été évaluée le 20 mars 2006, dans le cadre d'un programme de soins à domicile, pour des troubles de l'humeur. Les symptômes sont apparus 6 mois auparavant et le médecin traitant avait alors prescrit de la sertraline. À l'anamnèse, on retrouve la présence d'hypertension, de tachycardie supraventriculaire, de bronchite chronique, et d'arthrite. Le traitement pharmacologique consiste en: ramipril, ticlopidine, torasémide, propafénone, théophylline, paracétamol, et triazolam. Les tests de laboratoire étaient tous normaux alors qu'à la tomographie axiale du cerveau, on note des signes d'atrophie corticale. Après quelques jours, la sertraline a été cessée en raison d'une perte d'efficacité et a été remplacée par une formulation longue action de venlafaxine. Quatre semaines plus tard, à cause de la persistance des troubles de l'humeur, la dose de venlafaxine a été augmentée à 150 mg par jour. Dix jours plus tard, la patiente a consulté pour l'apparition d'hallucinations visuelles, d'une durée d'environ 2 heures à chaque épisode, survenant surtout la nuit, accompagnées d'agitation psychomotrice. La venlafaxine a été cessée et en 4 jours, on a observé une rémission complète des hallucinations et de l'agitation psychomotrice. L'échelle de probabilité de Naranjo a indiqué une relation probable entre la venlafaxine et la symptomatologie de la patiente. Un mois plus tard, le citalopram a été prescrit pour les troubles de l'humeur, sans apparition d'effets indésirables.
DISCUSSION: Une tomographie a montré chez cette patiente des signes d'atrophie corticale sans dommage apparent au cerveau et l'évaluation clinique et l'anamnèse ont exclu une relation entre les hallucinations et l'atrophie corticale. Des facteurs génétiques et pharmacologiques peuvent être impliqués dans l'apparition des effets indésirables observés avec la venlafaxine. En fait, la venlafaxine est métabolisée principalement par le cytochrome CYP2D6 et agit comme substrat de la glycoprotéine P. La propafénone, quant à elle, est connue à la fois comme substrat et inhibiteur du CYP2D6 et de la glycoprotéine P, ce qui implique qu'elle pourrait être impliquée dans l'apparition des hallucinations causées par la venlafaxine par augmentation des niveaux plasmatiques de cette dernière.
CONCLUSIONS: De façon à prévenir l'apparition d'effets indésirables lors de traitement par la venlafaxine, les auteurs suggèrent une évaluation minutieuse de tout traitement associant la venlafaxine et un inhibiteur du CYP2D6 et de la glycoprotéine P comme la propafénone, et, lorsque disponible, le suivi des concentrations sériques de venlafaxine.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1K405
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