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CONTEXTE: Le développement des activités de pharmacie clinique en est au commencement dans la plupart des pays européens et peu de données sont rapportées sur ces activités. Des études multicentriques sont nécessaires pour standardiser et démontrer la valeur des activités de pharmacie clinique dans ces pays.
OBJECTIF: Documenter les interventions pharmaceutiques (IP) en pratique quotidienne dans le but d'identifier les tendances d'interventions, les médicaments, et les situations les plus fréquemment associées aux erreurs de prescription, et estimer l'acceptation des IP par les médecins.
MÉTHODES: Une étude prospective des IP a été réalisée dans 6 hôpitaux français. L'échantillon était constitué de 300 IP tirées au sort dans chaque hôpital et recueillies au cours de la validation des prescriptions médicamenteuses lorsqu'un Problème Pharmacothérapeutique (PP) était identifié. Nous avons enregistré les caractéristiques démographiques des patients, les médicaments impliqués, les unités de soins, la description des PP, les recommandations des pharmaciens, et leur acceptation par le prescripteur.
RÉSULTATS: Un total de 38,626 prescriptions médicamenteuses a été analysé par 28 pharmaciens cliniciens aboutissant à la formulation de 1800 IP (4.66 IP pour 100 prescriptions). Sur les 1800 IP, 25.9% concernaient des médicaments du système nerveux central, 15.9% concernaient des médicaments antithrombotiques, 15.5% concernaient des médicaments de la sphère digestive et 15% concernaient des médicaments cardiologiques. Les PP les plus fréquemment identifiés concernaient une non conformité aux recommandations ou une contreindication (21.3%) suivis par une administration inappropriée (20.6%), un surdosage (19.2%), et une interaction médicamenteuse (12.6%). Près de la moitié des recommandations des pharmaciens (42.2%) concernaient le choix du médicament (changement de médicament [22.2%], arrêt du médicament [16.3%], ajout d'un nouveau médicament [3.7%]) suivi par une adaptation posologique (23.8%), une optimisation de l'administration (21.9%) (changement de la voie d'administration [10.3%], modalités d'administration [11.6%]), et la nécessité d'un suivi thérapeutique (12.2%). Le taux d'acceptation par les médecins a été de 73.4% (15.3% refusées, 11.3% non évaluables).
CONCLUSIONS: Dans les hôpitaux français, les pharmaciens contribuent à la prévention des PP au cours de la validation de prescription. Cette étude montre qu'une faible proportion de classes médicamenteuses et de types d'erreur constituent la majorité des IP. La connaissance des PP les plus fréquents devrait permettre d'augmenter significativement l'efficience des interventions des pharmaciens cliniciens.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1L045
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