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OBJECTIF: Décrire l'utilisation et la pharmacocinétique de l'irinotécan chez un patient hémodialysé.
RÉSUMÉ DU CAS: Un homme hémodialysé de 64 ans souffrant d'un cancer colorectal métastatique est traité avec l'irinotécan à raison de 50 mg/m2 par semaine pendant 3 semaines suivi d'un repos d'une semaine. Le patient tolère bien l'irinotécan et la posologie de cet agent est alors augmentée à 80 mg/m2 après 2 cycles. Le suivi d'une lésion hépatique après les cycles 2 et 6 indique une non-progression de la maladie et la valeur de l'antigène carcinoembryonnaire (CEA) a diminué de 40% par rapport aux valeurs initiales pré-traitement. Les paramètres pharmacocinétiques calculés du métabolite actif SN-38 chez ce patient indiquent une clairance apparente diminuée (CL(m)/fm = 130 L/h/m2) et une concentration maximale élevée (Cmax = 0.4 µg/L par mg d'irinotécan) comparativement aux valeurs publiées chez les patients ayant une fonction rénale normale. L'élimination de l'irinotécan et de ses métabolites par l'hémodialyse semble minimale.
DISCUSSION: Le mécanisme pouvant expliquer la faible clairance du métabolite actif SN-38 chez ce patient n'est pas clairement défini. Une inhibition du transporteur OATP1B1 par des toxines azotées s'avère possible. Un tel mécanisme pourrait ainsi expliquer la toxicité excessive de l'irinotécan chez les patients hémodialysés, telle que décrite dans quelques rapports de cas publiés précédemment.
CONCLUSIONS: Selon les données pharmacocinétiques et cliniques recueillies, il est recommandé que la posologie hebdomadaire de l'irinotécan chez un patient hémodialysé soit équivalente aux 2 tiers de la dose standard recommandée.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1L511
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