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OBJECTIF: Signaler un cas d'hépatite induite par l'erlotinib et compliquée d'une acidose lactique fatale chez un homme âgé souffrant d'un adénocarcinome du poumon et de diabète sucré.
PRÉSENTATION SOMMAIRE DU CAS: Chez un homme âgé de 77 ans et souffrant d'un adénocarcinome du poumon de stade IIIB, un traitement à base de 100 mg par jour d'erlotinib, un inhibiteur du récepteur du facteur de croissance épidermique, est initié après un échec de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Le patient souffre aussi d'un diabète de type 2 traité depuis 5 ans avec de la metformine. Douze jours après le début de l'erlotinib, le patient développe une hépatite aigue compliquée d'une détérioration rénale (AST 1400 U/L, ALT 1299 U/L, créatinine 4.4 mg/dL, BUN 55 mg/dL). Les causes virales d'hépatite sont exclues et une tomographie axiale récente permet d'éliminer des métastases hépatiques. Selon la méthode d'évaluation da la causalité Roussel-Uclaf, il existe un lien probable entre l'hépatite présentée par le patient et l'erlotinib. La condition du patient s'est compliquée d'une acidose lactique qui a causé la mort du patient 2 heures après son admission.
DISCUSSION: L'acidose lactique a été favorisée par l'insuffisance hépatique associée à l'hépatite induite par l'erlotinib (diminution de la clairance des lactates), par la prise concomitante de metformine (augmentation de la production des lactates) et par l'insuffisance rénale aigue (accumulation de la metformine). Il s'agit du second cas de toxicité hépatique fatale induite par l'erlotinib lorsqu'utilisé dans le traitement du cancer du poumon. Dans le cas antérieur, la mort était survenue après environ 10 jours et était entièrement due à une hépatite fulminante alors que dans le présent cas, la toxicité hépatique a initié une interaction médicamentmaladie qui a résulté en une acidose lactique fatale en quelques heures.
CONCLUSIONS: Un suivi minutieux des tests de la fonction hépatique devrait être fait lors d'un traitement avec l'erlotinib spécialement chez les patients âgés et frêles recevant plusieurs médications. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour mieux tester la sécurité de l'erlotinib chez de telles personnes fréquemment rencontrées dans la réalité mais souvent exclues des essais cliniques sur le cancer.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1L468
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