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OBJECTIF: Décrire 2 cas d'hépatite aiguë liée à l'administration intraveineuse de buprénorphine, chez des patients infectés par le virus de l'hépatite C.
RÉSUMÉ DES CAS: Ces 2 patients, âgés de 33 et 50 ans, respectivement, sont porteurs chroniques du virus de l'hépatite C et traités par de la buprénorphine, comme traitement de substitution aux opiacés. Ils ont été hospitalisés en raison de la survenue d'une hépatite clinique avec ictère, après une injection intraveineuse de buprénorphine. Les taux d'alanine aminotransférase ont augmenté à 100 et 21 fois la limite supérieure de la normale, respectivement. Comme facteurs aggravant, le premier patient a consommé de l'alcool, et le second patient a pris de fortes doses d'aspirine en association à une injection de 20 mg de buprénorphine. Après l'arrêt des injections, l'hépatite a régressé malgré la poursuite de la buprénorphine par voie orale. Chez nos 2 patients, cette hépatite aiguë a été suivie par la négativation de l'ARN du VHC. Selon le score Naranjo, le lien de causalité entre la buprénorphine et l'hépatite aiguë est probable dans les 2 cas. Par ailleurs, nous avons évalué le lien de causalité entre la buprénorphine et l'hépatite aiguë en utilisant 2 échelles d'évaluation spécifiques à l'hépatotoxicité. Le lien de causalité a été estimé probable avec ces 2 échelles. Ces 2 observations montrent qu'une hépatite aiguë chez des porteurs chroniques du virus de l'hépatite C peut parfois faciliter l'élimination du virus.
DISCUSSION: La plupart des cas d'hépatotoxicité liée à la buprénorphine sont observés chez des patients infectés par le virus de l'hépatite C. Le principal mécanisme des hépatites induites par la buprénorphine est une altération du fonctionnement mitochondrial, aggravé par des co-facteurs additionnels: virus de l'hépatite C, alcool, co-médication. La particularité de ces 2 observations réside dans la disparition de la réplication virale après l'hépatite aiguë.
CONCLUSIONS: Bien que la buprénorphine est bien tolérée lorsqu'elle est utilisée aux doses recommandées, par voie sublinguale, les patients doivent être informés du risque d'hépatite aiguë en cas d'utilisation abusive de la buprénorphine par voie intraveineuse. Ces 2 observations montrent que, chez des porteurs chroniques du VHC, l'hépatite aiguë peut modifier l'immuno-tolérance et faciliter la clairance virale.
www.theannals.com, DOI 10.1345/aph.1L628
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